Argon Chrome lamp, Bello et Bello • © Célia Swaenepoel
Installé dans les Flandres à quelques kilomètres de Lille, ce duo dessine à quatre mains les contours d’un univers onirique. Un monde né de leur passion pour l’artisanat et la céramique.
Tout débute par une rencontre. Celle de Maxime Blanchet, alors chef pâtissier, et de Jade Ladeyn, styliste et designeuse textile dans la décoration. Peu de temps après celle-ci, ces deux esprits créatifs s’embarquent pour un voyage en Asie qui durera sept ans. Leur chemin les emmène en Thaïlande, au Népal et en Inde. Ils se plongent alors dans l’artisanat local, et découvrent ce qui deviendra leur médium de prédilection, la céramique. Ils ne le savent pas encore, mais une fois de retour dans l’Hexagone, ils donneront naissance au studio Bello et Bello. Quand Maxime modèle les moules en plâtre, Jade officie en tant que directrice artistique et esquisse les futures créations. Déclinant leur savoir-faire à travers des pièces faites à la main, aux silhouettes fantastiques et surnaturelles, leurs réalisations vont de la lampe à poser, à l’applique en passant par le porte-encens. Toutes semblent décrire une histoire bien précise. À l’image de la lampe Orion, qui puise dans l’imagerie des années 1970, mais aussi dans celle des fonds marins. Une douce évocation de l’enfance de Maxime, que celui-ci a passée en Bretagne auprès de sa grand-mère qui travaillait dans les criées. Quant à la lampe Argon, elle se pare aussi bien d’un bleu tendre ou d’un élégant raku. Le luminaire, reconnaissable à ses multiples sphères, s’inspire du gaz du même nom, qui fait partie des gaz rares, à retrouver dans l’atmosphère de la Terre, mais aussi de la planète Mars et Mercure. Plus épurée dans la forme, l’applique Ethar est un mélange entre les motifs imaginés par Verner Panton et un bouton trouvé sur une veste vintage à Berlin. Fort d’un répertoire qui fourmille de récits et de formes aux identités singulières, Bello Bello se présente comme « une déclaration contre la banalité », tout en revendiquant des pièces qui correspondent à une « esthétique intemporelle », à mille lieues des « conventions éphémères », et d’un « monde souvent obsédé par la rapidité », tout en s’inscrivant dans « la pérennité, dans la conviction que chaque objet que nous concevons devient un héritage précieux qui trouve sa place harmonieuse au sein de chaque époque ». Une façon de créer qui se partage entre une collection permanente et une autre éphémère, en série limitée. Dans le dernier drop en date figure une nouvelle version du cache-pot Apollon, qui, elle aussi offre une narration particulière. Celle d’une amie du duo, psychothérapeute, qui leur commande une pièce pour son cabinet. Elle doit être reposante, évoquer quelque chose, sans pour autant être trop bavarde. De cette demande naît ce visage enfantin sur lequel est venu se poser un papillon, « symbolisant le passage d’un cycle ». Toute première pièce en céramique réalisée par Jade et Maxime, il y a quatre ans, elle poursuit son chemin, en revenant dans les collections temporaires du studio. Une belle démonstration de l’intemporalité par Bello et Bello. •