Laurids Gallée, basé aujourd’hui aux Pays-Bas, à Rotterdam, conçoit des pièces à l’essence unique. Parlant à la psyché, son travail de la résine comme du bois détaillé, des luminaires aux assises, attire, charme et parfois interroge.
C’est différemment, et loin de la répétition qui rythme aujourd’hui notre scène contemporaine du design, que l’Autrichien pense ses pièces : permanentes, pures et expérimentales. En s’inspirant de l’histoire des matériaux, de techniques et de connaissances ancestrales, il en vient aujourd’hui à créer des objets porteurs de sens, conservant une dimension de mémoire intacte.
INTIME PERMANENCE
Il commence aux côtés d’un ami, fasciné par le travail de la matière. De cette collaboration, censée durer quelques mois, ressortent finalement cinq belles années de travail, suivies de près par une carrière en solo. Un début notamment marqué par une série de collaborations et des pièces symboliquement reconnaissables sur la toile : du mobilier en bois peint, des bancs et assises en résine colorée, ou encore des luminaires volatils offrant un jeu de lumière et de transparence inédit, devenu aujourd’hui sa signature.
Lorsqu’il se lance entièrement dans son studio éponyme, il y a de cela neuf ans, Laurids Gallée présente un style déjà très assumé, à la fois ludique et expérimental. Évoluant à la manière d’un sculpteur et motivé par l’idée de permanence, il conçoit des pièces pensées pour « rester plutôt que d’être purement consommées » qui portent en elles une forme d’attention, de soin, presque d’affection, invitant inévitablement à cet attachement silencieux. À mi-chemin entre objets et reliques, elles créent, à travers ce travail de la matière, de la lumière et de la forme, ces moments suspendus et inattendus.
ARCADIA : PIÈCE FÉTICHE
Projet après projet, son portfolio s’épaissit, étoffé par les plus grandes maisons — d’Hermès à Dolce& Gabbana — au travers de vitrines, d’objets et de collaborations inédites. Le cas d’Arcadia : fruit d’un travail entre le designer, des peintres, et des ébénistes locaux, tous amenés à collaborer.
S’inscrivant dans le second volet de Dolce&Gabbana and Gen D (une exposition tenue à la Milan Design Week, célébrant, depuis deux ans, artisans et designers internationaux), cette pièce custom-made, pensée pour la maison de luxe italienne, mêle nostalgie et humour, offrant un regard nouveau et nuancé sur l’idéalisée Dolce Vita. Un objet chargé d’émotion, de mémoire et de présence, pleinement inscrit dans la démarche créative de Laurids Gallée. •
photos : Arcadia, Laurids Gallée forDolce&Gabbana, 2024 • © Anwyn Howarth • Metropolis round coffee table, Laurids Gallée, 2020 • © Mathijs Labadie • Arcadia • Booze Cruiser, Laurids Gallée, 2023 • © Studio Laurids Gallée Chess Chess, Laurids Gallée, 2024 • © Objects With Narratives